A quoi ça sert ? A quoi ça sert de croire en quelque chose que personne ne veut croire ? A quoi ça sert d'être le seul à croire ? A quoi ça sert de croire que croire nous apporte vraiment quelque chose ? Je n'en ai pas la moindre idée, mais je crois que je suis victime de mes croyances. Mais, vous ne comprenez pas ? Vous ne comprenez pas que j'ai du mal à enchainer les jours de la semaine sans penser à autre chose ? Il me faut quelque chose à manger, quelque chose à grignoter, quelque chose à embrasser. Une espèce de nourriture spirituelle, parfois délicieuse, parfois à vomir. Même si 'un n'empêche pas l'autre...l'appétit vient en mangeant ou en crevant la gueule ouverte.
Quelqu'un me disait que tout était écrit, elle croyait en ça. Elle se reconnaitra surement, mais j'avoue que là j'ai du mal. J'ai du mal à accepter que quelqu'un puisse écrire ça pour moi, c'est dégueulasse. Il s'amuse à me faire de fausse joie, voila ma vie, des fausses joies. Intensément heureux, vivant le bonheur comme deux personnes réunies, trouvant cette cigarette plus agréable, cette soirée plus amusante, cette fille plus jolie... ET là, vous ne comprenez pas, vous ne comprenez plus, vous ne voulez plus comprendre. faire l'imbécile qui ne comprends rien à rien, qui ne croit en rien, c'est tout ce que vous trouvez à faire. On ne peut pas être méchant avec un idiot-bête, c'est contre nature, il ne se rend pas vraiment compte de ce qu'il fait. Bah voila, c'est tout moi, je ne me rends pas vraiment compte de tout ce que j'ai fait même quand je suis au pied du mur. Loin de là cette idée, je ne regrette rien, je n'ai regretté aucun mot, aucun geste, aucun regard. Ce qui est étonnant, ce qui me trouble là dedans, c'est que rien n'avait été calculé. Je suis un sacré calculateur, là je me suis laissé guidé par je-ne-sais-quoi et ça à rendu ma prestation parfaite, à mes yeux...pas aux siens.
C'est maintenant que tout commence, et que tout s'arrête, en un instant, sans n'y rien comprendre :
Il ne fait plus noir, cette lumière grisâtre qui traverse le volet mal fermé m'agresse à la seconde où j'émerge pour me dire que je vais passer un sale journée, et que je suis dans de sales draps. Les yeux à moitiés fermés, ou à moitiés ouverts se rendent compte malgré le plissement de mes yeux quelque chose d'étranger à moi, sous la frêle couverture. Vu la position, je n'ai pas eu de mal à reconnaitre qu'il s'agissait d'un homme, un grand homme certes, mais ça reste un homme. Mais bon, dans le doute vous ne savez jamais, oui c'est bien lui, Alexis. Je cherche quelque chose, je sens qu'il y a quelque chose à trouver au fond de mes placards, mais où chercher ? Où est ce que j'ai bien pu mettre ça... déceptions ? Non, la boite est pleine, j'ai pas pu faire ça. Événement ? Youpi, on s'est murgé pour nouvel an, mais ce n'est toujours pas ça... Je sens quelque chose qui prend à la gorge, une espèce de boule, vous voyez ? Comme avant son premier baiser, son premier partiel, son premier permis, cette première fois... Nom de Dieu, il y a eu ou il va y avoir quelque chose d'important c'est sûr, mais quoi ? Tout me reviens, en pleine gueule, j'avais rien demandé. Comme pour la lumière grisâtre, j'avais rien demandé. Je vois enfin, mais je vois mal, ce n'était pas un rêve, ça s'est réellement passé, enfin je crois, j'en suis victime donc je crois, je sais jamais. Ce que je sais, c'est ce sentiment, vous savez, le sentiment que l'on a au moment où en en a dit un peu trop et que l'on a demandé à la personne qui nous obsède depuis quelque temps si elle veut bien faire un bout de chemin avec nous. On veut savoir, et au moment où on a demandé on se dit "Oh le con, j'aurais pas du, voila, je vais me prendre un râteau, j'aurai du attendre, le con le con le con !" Comme quand on bronze, et que d'un coup on a l'idée la plus conne de la terre, "allé hop je saute à la piscine" on regrette à l'instant même ce genre de chose. Ce sentiment, dès le réveille, c'est trop. Trop trop trop de nourriture spirituel, tellement délicieuse que vous risquez d'en gâcher si vous vous précipitez.... Attendre, le maître mot pour bien faire. Mais non, vous savez que c'est impossible, surtout qu'elle va déjà repartir... Je peux vous donner son nom sans aucune gène, "Quinze-Heure-et-Quart"... L'étrange impression d'avoir vécu une histoire express en peut être 6 ou 7 heures. Je ne l'ai pas demandé non plus, j'avais le temps, j'ai le temps. Mais c'est ça le problème, elle, elle n'en a pas. Je vais lui donner un peu de mon temps. De toute façon s'est écrit, dans le grand livre il est écrit que jamais, jamais, je ne la reverrais. Je te reproche d'être réaliste, et toi tu me reproche d'être un grand rêveur, mais tu crois franchement que je l'ai décidé ? Que je suis responsable de la souffrance que je vais me faire ? seul ? Moi même je ne comprends même plus ce que je pense, c'est complètement démesuré... Je vous voit déjà venir avec vos morales qui ne m'apportent rien, sauf que j'ai de plus en plus peur sur la complexité de la chose. Pourquoi faudrait il aimer rarement pour aimer beaucoup ? Pourquoi les choses éphémères n'ont elles pas d'importance à vos yeux ? Ce qui est ridicule, c'est qu'à une grande échèle tout est éphémère.
Pour elle tout s'arrête, pour moi, tout devrait bientôt s'arrêter.